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Résilience

Résilience

Résilience des organisations

Les termes à résonance anglo-saxonne confèrent dans les pays latins des aprioris avantageux. Parfois même des faux-airs de concept nouveau. Celui de la résilience ne fait pas défaut à la règle. Il semble bénéficier aujourd’hui d’une aura dans des grandes entreprises ou entités publiques, soucieuses de leur pérennité en cas crise.

Un peu de définition

La résilience désigne la capacité pour un organisme, ou une organisation quelconque, à retrouver ses propriétés initiales après une altération.

Toutefois, si ce terme se comprend par une approche médicale, c’est par la psychologie qu’il trouve sa meilleure définition. Et c’est en particulier grâce au Dr. Boris Cyrulnik que la résilience a acquis sa popularité depuis quelques années. En effet, la résilience en psychologie désigne la capacité de se refaire une vie et de s’épanouir en surmontant un choc traumatique grave. Il s’agit d’une qualité personnelle permettant de survivre aux épreuves majeures et d’en sortir grandi malgré l’importante destruction intérieure, en partie irréversible, subie lors de la crise.

En clair, la résilience permet non seulement de revenir à l’état initial après une agression externe, mais de consolider plus fortement la nature même de la structure.

Qu’en est-il de la résilience à l’échelle d’une entreprise ou d’une collectivité ?

En France, comme partout d’ailleurs, la discipline consistant à anticiper une crise puise sa légitimité dans un contexte général de sinistralité croissante. Le sens actuel des évènements ne laisse malheureusement pas trop de doutes quant à l’utilité d’un plan de restauration de l’activité en cas de crise grave. Une crise grave est une crise qui engendre des préjudices lourds, souvent assortis de traumatismes difficiles à évacuer.

Les parades désignées sous le vocable de PCA/PCS (*), très souvent vues sous un angle technique (description des entités concernées, métiers exercés, méthodes utilisées, logistique mise en œuvre, salariés impliqués, coordonnées utiles, etc. …) et communicant (plan de communication, communication de crise, etc. …), suffisent-elles à garantir la résilience ?

« 54% des organisations disent ne pas avoir testé leur plan de continuité d’activité »

Pour parvenir à la résilience, une entité doit être en mesure de retrouver toutes ses capacités originelles d’avant la crise. Et surtout très rapidement. Or les PCA/PCS ne sont que des outils, et rien d’autre que des outils. Il conviendra donc en amont de s’exercer.

Une récente étude aux Etats-Unis a montré que plus de la moitié des entreprises américaines ont été touchées par des pannes d’équipement, des cyber-attaques ou des catastrophes naturelles au cours des cinq dernières années. 86 % des directeurs financiers disent que leurs entreprises devront être plus résilientes à l’avenir. Plus précisément, au cours des cinq dernières années, 70 % des dirigeants financiers interrogés reconnaissent avoir souffert de défaillances d’équipement. 60 % de cyber-attaques ou de vols de données et plus de la moitié (52 %) de catastrophes naturelles. Pour autant, 54% des responsables reconnaissent que leurs organisations n’ont pas développé ou testé de plan de continuité d’activité. Seuls 34 % des responsables financiers estiment que leurs entreprises sont très bien préparées pour faire face à une panne d’équipement. 33 % à une catastrophe naturelle, et seulement 24 % à un vol de données ou à une cyber-attaque.

Certes on dit les exercices de crise onéreux et difficiles de mise en œuvre. Cependant combien de fois a-t-on vu des entreprises, pourtant dotées de PCA, mal réagir à des crises, si ce n’est parce ce qu’elles n’ont jamais mis en œuvre d’exercices de crise. Être équipé d’outils de préparation à la reprise d’activités ne dispense pas de s’exercer. La résilience aura toujours un prix : celui de la répétition des scénarios d’altération.

Alors que reste-t-il à faire ?

Le chemin à parcourir est encore long en matière d’efficacité des plans de continuité d’activité. On distingue mieux désormais la différence entre PCA et résilience. Etant donné les aspects protéiformes et inattendus des crises, il est impossible de s’y préparer à toutes. C’est pourquoi, pour construire une résilience solide, il conviendra toujours de privilégier la posture, c’est à dire la MÉTHODE pour anticiper, et les ENTRAÎNEMENTS pour s’exercer.

La prochaine étape pour les collectivités et les entreprises consiste désormais à mettre en œuvre des exercices pour mieux préparer les crises, sans négliger les aspects psychologiques inhérents à une crise. L’approche des conséquences d’une crise sur les salariés impliqués est aussi un axe d’amélioration.

(*) Plan de Continuité d’Activité/Plan de Continuité de Services