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Le dimensionnement des moyens de sûreté

Le dimensionnement des moyens de sûreté

Le dimensionnement des moyens de sûreté

Trop, trop peu, ou rien, en matière de sûreté ?

« Aut omnia, aut nihil » du latin « Tout ou rien »

Devise lapidaire et populaire de nombreuses organisations. Pouvant désigner le processus qui anime certaines formes de manifestations violentes tout autant que les réactions qui les combattent. Le tout ou rien, que je requalifierai en trop, trop peu, ou rien, existe-t-il en matière de sûreté ?

Les contextes de la malveillance, hier et aujourd’hui, dans le monde de l’entreprise

Il y a quelques décennies, nos entreprises et autres organisations du monde du travail étaient très peu confrontées aux malveillances. Pas de terrorisme sur notre sol. Une violence canalisée et combattue, restes probables d’après-guerre. Peu de turnovers des salariés impliquant une plus grande implication avec l’entreprise. Donc un plus grand respect des biens et valeurs de cette même entreprise, etc. …

Aujourd’hui le monde du travail subit quasiment les mêmes changements fondamentaux de notre société. Des attitudes et comportements plus individualistes, largement induits des révoltes étudiantes « soixante-huitardes ». Un désintérêt pour la valeur véhiculée par l’entreprise, probablement dû à un emploi qui se morcelle, laissant place à des séquences plus ou moins longues d’activité. Et une violence qui se généralise, parfois même terroriste, au cœur même du milieu professionnel.

Des réponses pas toujours appropriées et parfois tardives

L’apparition de plus en plus fréquente de la malveillance, voire de l’ultra malveillance, n’a pourtant pas alerté toutes les entreprises, tout au moins avec la même intensité. Sauf peut-être les anglo-saxonnes, beaucoup plus précocement sensibilisées aux problématiques de « security » et déjà actives dans ce domaine.

Beaucoup de grandes entreprises ont déployé avec plus ou moins de succès des filières dédiées à la sûreté. Et ce avant même la flambée des actes terroristes. Sauf pour quelques secteurs particuliers et sensibles, largement engagés dans la prévention et la protection contre les actes malveillants. Avec plus ou moins de réussite aussi, se traduisant par plus ou moins de proportionnalité face aux risques réels. Et ce qui était le cas il y a quelques années avec parfois des dispositifs techniques disproportionnés, avec ou sans véritables organisations en mesure de manager ces dispositifs, l’est encore aujourd’hui pour le risque de violence, avec le recours quasi généralisé de la surveillance humaine qui plombe les budgets dédiés à la sûreté et sécurité, pour ne pas dire plus. Les chiffres d’affaires des entreprises de sécurité humaine explosent depuis 3 à 5 ans.

Toutefois, la prise de conscience du risque sûreté pour certaines entreprises n’a pas suffi à la meilleure prise en compte des formes les plus courantes de malveillance:

  • Vols
  • Vandalisme
  • Agressions physiques
  • Fraudes
  • Spoliations
  • Démarques, etc.

Certaines, évaluant sommairement les risques, ont fait poser des caméras de vidéosurveillance autour des bâtiments, d’autres ont poussé l’initiative en faisant installer des contrôles d’accès, là où il leur semblait bon de les poser, toutes en pensant être désormais protégées. Le nec plus ultra semblant être la télésurveillance. « Je suis télésurveillé donc je ne crains rien ! ».

Et puis pour d’autres entreprises ou certaines autres organisations publiques, et non des moindres, rien. Pas de dispositif technique, pas d’organisation ni de moyens humains dédiés à la sûreté. Soit par manque de temps ou de moyens, soit par négligence, soit par absence d’évaluation des risques.

Les avantages et les inconvénients du trop, du trop peu et du rien en matière de sûreté

Le principal avantage du trop en matière de sûreté pourrait être signifié par le bon vieil adage « Abondance de biens ne nuit pas ». Et qui pourrait se traduire par « il coûte peu d’avoir trop mais cher de ne pas avoir assez ». Sauf que ce n’est pas vrai du tout. Un gros dispositif de sûreté coûte très cher, les coûts en sûreté étant loin d’être négligeables, mais surtout n’est pas forcément la meilleure réponse si rien autour n’est vraiment piloté, organisé et suivi.

Le trop peu, ou le peu, en matière de prévention et de protection sûreté, pourrait être résumé par ce qui se dit si souvent dans la profession, « le niveau de sûreté d’une chaîne s’évalue par son maillon le plus faible ». Autrement dit, si un dispositif global de sûreté n’est pas juste et correctement dimensionné, autant dire qu’il ne sert pas à grand-chose. La faille du dispositif sera le point d’entrée de la malveillance.

Enfin que dire des entreprises non protégées ? En dehors de l’absence de coût, n’auraient-elles donc rien à protéger, ou ce qu’elles ont à protéger, en cas de perte, serait-il d’un coût inférieur au coût de la protection elle-même ? J’ai vraiment du mal à croire qu’il n’y ait rien à voler, saccager, détruire, spolier, qu’il n’y ait aucun salarié à protéger ou rassurer.

La situation idéale : le bon sens

C’est probablement une remarque facile, et pourtant ce basique préalable est garant d’un bon dispositif de sûreté.

Toutes les entreprises n’ont pas besoin d’un général 2 étoiles pour garantir leur sûreté, toutes ne sont pas confrontées au grand terrorisme, toutes n’ont pas des filiales dans des pays à risques, cependant toutes ont la nécessité d’intégrer la dimension sûreté dans leur organisation, au même titre que la sécurité plus largement encadrée par la loi.

Donc oui, le trop, le trop peu, ou le rien, existent en sûreté. Mais comme je le dis souvent à mes clients : le bon sens doit être le premier réflexe en matière de sûreté. Il est garant du juste équilibre entre risques et moyens de réduction des risques.